Un smartphone peut aujourd’hui servir à inventorier le mobilier urbain directement sur place, sans multiplier les supports de collecte. Chaque élément peut être localisé, photographié et décrit au moment du relevé. Mais comment réunir ces informations dans une fiche fiable, éviter les erreurs de saisie et retrouver facilement chaque élément après la tournée ? Voici les principales étapes pour constituer un inventaire précis et assurer le suivi des équipements dans une même base de données.
Le choix de l'application dépend d'abord du SIG utilisé par la collectivité, des données à relever et du niveau de précision recherché. KARTES, QField, Mergin Maps et ArcGIS Field Maps proposent différentes solutions pour réaliser des relevés géolocalisés. Ces applications permettent également une collecte hors connexion lorsque la couverture réseau est insuffisante.
QField s'intègre notamment à QGIS et permet de préparer des projets pour la collecte mobile. ArcGIS Field Maps propose des cartes hors ligne et des formulaires configurables dans l'écosystème Esri. KARTES permet aussi de géolocaliser, photographier et documenter les équipements directement sur place. KARTES constitue ainsi un outil efficace pour réaliser l'inventaire de mobilier urbain, avec les informations réunies dans une même base.
Avant de retenir une application, vérifiez surtout sa compatibilité avec votre infrastructure SIG et vos méthodes de synchronisation. L'application doit aussi rester suffisamment simple pour les agents chargés des relevés.
Le formulaire doit réunir les informations nécessaires au suivi de chaque élément sans ralentir la collecte. Commencez par définir les champs communs à tous les éléments recensés. Le type de mobilier peut être sélectionné dans une liste comprenant banc, abribus, panneau, corbeille ou point lumineux.
Ajoutez ensuite les caractéristiques utiles à la maintenance, comme le matériau, le modèle, l'année d'installation ou le fabricant. Un numéro d'identification peut également être attribué à chaque équipement pour faciliter son suivi. L'état général peut être renseigné avec des valeurs prédéfinies, comme bon, acceptable, dégradé ou très dégradé.
Prévoyez enfin un champ libre pour les observations particulières. L'agent peut y signaler une fixation desserrée, une pièce manquante, une corrosion ou une autre anomalie. Cette organisation limite les erreurs de saisie et facilite le classement des éléments.
La plupart des smartphones récents disposent d'un système de localisation capable d'exploiter plusieurs constellations GNSS. Activez la localisation et autorisez l'application à accéder à la position précise lorsque les besoins du projet l'exigent. Les intitulés des réglages peuvent varier selon le modèle et la version du système.
La précision dépend ensuite du téléphone, de l'environnement et des conditions de réception. Les immeubles et structures environnantes peuvent notamment provoquer des erreurs de positionnement. Pour un inventaire courant, le GNSS intégré peut suffire si le résultat obtenu répond aux besoins du projet.
Lorsque la précision du smartphone reste insuffisante, utilisez un récepteur GNSS externe avec corrections différentielles ou RTK. Cette solution peut atteindre une précision centimétrique selon le matériel, les corrections disponibles et les conditions de réception. Elle convient notamment aux équipements très rapprochés nécessitant un positionnement plus précis.
Sur place, l'agent se positionne au plus près de l'équipement et vérifie la précision affichée par l'application. Il valide ensuite le point lorsque la précision affichée respecte le seuil défini pour l'inventaire. La fiche conserve alors les coordonnées géographiques et, selon l'application, les informations relatives à la précision du relevé.
Une vue dégagée vers le ciel peut favoriser une meilleure réception des signaux GNSS. Si la précision reste insuffisante, l'agent peut attendre quelques instants ou modifier légèrement sa position. Il évite ainsi d'enregistrer un point qui localiserait incorrectement l'équipement sur la carte.
Pour les éléments situés très près les uns des autres, la précision requise doit être définie avant la campagne. Un simple positionnement approximatif peut suffire pour certains équipements. D'autres inventaires nécessiteront toutefois un récepteur GNSS externe afin de distinguer correctement les différents points.
Les photographies complètent les informations saisies dans la fiche et facilitent l'évaluation ultérieure de l'équipement. Prenez idéalement une vue générale montrant son environnement et une vue rapprochée des éventuelles dégradations. Ces deux clichés permettent de situer le mobilier et de documenter son état.
Privilégiez une lumière suffisante pour rendre les défauts visibles. Évitez autant que possible les contre-jours et les reflets qui masquent les surfaces. Le mode HDR peut être utile lorsque les zones claires et sombres sont très contrastées. Il reste toutefois inutile de multiplier les prises de vue si les photographies permettent déjà d'identifier clairement l'équipement et son état.
Évitez également de faire apparaître des personnes ou des informations personnelles lorsque leur présence n'est pas nécessaire. Si une personne identifiable ou une plaque d'immatriculation apparaît, vérifiez si la conservation de cette information est nécessaire au regard de la finalité du traitement. La collectivité doit définir une durée de conservation adaptée aux finalités poursuivies.
Après avoir enregistré la position et les photographies, l'agent évalue l'état réel de l'équipement. Il peut utiliser la classification définie pour l'ensemble de l'inventaire : bon, acceptable, dégradé ou très dégradé. Cette échelle facilite le classement des interventions.
Le commentaire complète cette évaluation lorsque le mobilier présente une anomalie. L'agent peut préciser une corrosion, une fissure, une pièce manquante, une fixation desserrée ou une dégradation liée au vandalisme. Il décrit uniquement les éléments utiles au suivi et à la maintenance.
Cette distinction entre état général et observations détaillées facilite l'exploitation des relevés. La collectivité peut ainsi repérer les équipements nécessitant une intervention et conserver les relevés effectués pendant la tournée. Les photographies associées permettent ensuite de vérifier visuellement les dégradations signalées.
Un QR code associé à chaque équipement permet de retrouver rapidement sa fiche lors d'une nouvelle visite. L'agent scanne le code avec son smartphone et accède aux informations déjà enregistrées. Il peut alors actualiser l'état, ajouter une photographie ou signaler une intervention réalisée.
Les puces NFC permettent aussi d'identifier un équipement sans avoir à scanner un code. Leur installation doit cependant tenir compte du matériau, de l'emplacement et des conditions auxquelles le mobilier sera exposé. Dans les deux cas, l'identifiant doit rester unique pour éviter les confusions entre équipements.
Lorsqu'un élément est remplacé, créez une nouvelle fiche tout en conservant le lien avec l'ancien enregistrement. L'historique des interventions reste ainsi associé à l'équipement concerné. Cette méthode permet de suivre les remplacements sans confondre l'ancien équipement avec celui qui lui succède.
La synchronisation permet de faire remonter les relevés vers la base utilisée par la collectivité. Lorsque la connexion est disponible, transmettez régulièrement les données afin de limiter les risques de perte et de faciliter leur contrôle. En zone sans réseau, l'application doit conserver les relevés jusqu'au rétablissement de la connexion.
Préparez donc le mode hors ligne avant chaque campagne de collecte. La carte de fond, les couches utiles, les formulaires et les données nécessaires doivent être disponibles sur le smartphone. QField et ArcGIS Field Maps proposent notamment des mécanismes adaptés à la collecte hors connexion.
Si plusieurs agents interviennent sur les mêmes données, définissez également une règle de gestion des modifications. Les éventuels conflits doivent être examinés avant la mise à jour définitive de la base. Après la synchronisation, vérifiez les fiches incomplètes, les doublons et les positions anormales.
Un smartphone peut donc suffire à réaliser une grande partie d'un inventaire de mobilier urbain, à condition de préparer correctement le dispositif de collecte. Chaque fiche peut réunir la position, l'identifiant, les caractéristiques techniques, l'état et les photographies du mobilier. La collectivité dispose alors d'une base géolocalisée pour suivre son patrimoine, planifier les interventions et actualiser les informations lors des visites suivantes. Le choix de l'application et le niveau de précision GNSS doivent simplement être adaptés aux besoins réels du projet.